mercredi 25 juillet 2018

25 Juillet - Atlantic City

Hier soir, j'ai dû recourir au cocktail Ibuprofène et Voltarène pour m'endormir. La douleur ne m'a pas réveillé ce qui est une bonne chose.

Ce matin ma jambe gauche est incapable de me porter. Je ne peux pas enfiler mes chaussettes sans m'asseoir. La journée va être longue.

Nous avons 3 options. La 1ère est de remonter la rivière sur 20 km. J'ai peu d'espoir que les berges soient suffisamment praticables. La 2eme est de remonter sur 4 km car un chemin est supposé traverser la rivière. Est que ce chemin existe toujours et à été entretenu ? Je n'en ai aucune idée. Si nous nous engageons pour revenir, la journée sera perdue.
La 3eme option est de faire demi-tour. Je sais que c'est à la fois la meilleure et la pire des solutions. La meilleure car je connais le trajet et la pire car cela signifie que notre escapade est un fiasco. Rien de pire sur le moral qui a besoin d'être requinqué après ces difficiles journées dans la fournaise.

Je décide de remonter la rivière ce qui en réalité nous laisse toutes les options ouvertes.
Pour commencer, il faut repasser sur l'autre rive...

Comme à chaque fois le début est facile. Les berges sont larges et les animaux ont tracé de magnifiques sentiers qu'il est très aisé à suivre. Malheureusement la facilité ne dure pas et les gorges se resserrent. Les berges sont envahis par la végétation et passer d'une rive à l'autre impossible de par la force du courant.

Après les sentiers de vache, nous suivons ceux des biches qui viennent s'abreuver à la rivière. Bientôt nous sommes dans des zones où aucun animal ne vient et où aucun sentier n'est tracé.
Nous grimpons des rochers dans un pierrier.

Nous cassons des branches pour passer au dessus des arbres qui bloquent le passage.

Nous avancerions plus vite en utilisant des haches et des machettes comme dans la jungle. Pour quelqu'un de valide c'est déjà une épreuve. Les enfants transpirent à grosses gouttes. Pour ma part, chaque pas avec ma jambe gauche est une douleur. Chaque pas me demande une énergie phénomènale. Je suis totalement épuisé et je n'ouvre même pas la marche. Nous mettons 2h pour 2 km. Au milieu du gué, il n'y a plus qu'à continuer. La situation ne fait que s'empirer. Je me demande la dernière fois qu'un hiker est passé par là. À mon avis ça fait des années. Cette alternative ne devrait pas exister.

Un km et 1h plus tard, je comprends que nous devons arrêter ce cauchemar. En analysant la carte, je m'aperçois qu'il suffit de remonter sur la crête pour être dans le désert et proche du chemin que nous cherchons à prendre. Dans notre malheur nous avons de la chance car il y a un col juste au dessus de notre tête avec un sentier de biches qui y mène.

Nous sortons du canyon et le chemin est bien visible devant nous. C'est la fin de la galère. Finie la rivière et nous sommes de retour dans le désert.

Nous sommes physiquement éprouvés et l'idée de marcher à plat ne me déplait pas histoire de limiter la douleur.

Même le ciel est avec nous puisqu'il est couvert. Nous n'avons même pas trop chaud. Les choses tournent à notre avantage.

À midi nous déjeunons dans l'herbe d'une rivière asséchée. Nous ne prendrions pas autant de plaisir sans nos amis les nuages qui nous protègent. Vu l'épreuve du matin nous nous accordons quelques minutes de repos supplémentaires car la journée est loin d'être finie.

Le besoin d'eau se fait sentir mais nous allons recroiser la Sweetwater River 2 fois, ce qui veut dire eau pure non salée à volonté.

Côté logistique nous sommes parés. Il nous faut suivre le chemin pendant 20 km pour rejoindre le CDT puis 16 km pour arriver à Atlantic City, soit un cumul d'une quarantaine de km dans la journée. C'est beaucoup surtout que le début du trajet dans l'enfer de la rivière a physiquement laissé des traces. Je ne pousse pas les enfants à arriver ce soir. Nous avons assez de nourriture pour passer une nuit dans la tente même si tout le monde rêve d'une douche et d'un bon lit sous un toit.

L'après-midi se passe sans histoire. Le couvercle nuageux nous facilite la tâche et il suffit d'avaler des lignes droites dans le désert au milieu des vaches et des biches comme nous le faisons depuis plusieurs jours.

Nous croisons la Sweetwater River dont les gorges se sont élargies. Le courant est calme et les berges largement praticables. Nous aurions pu camper tranquillement ici la nuit dernière... Mais les barbelés qui emprisonnent la rivière sont peu avenants. À voir leur état, les hikers qui nous précèdent ont fait peu de cas de cette interdiction d'accès.

Nous faisons le plein d'eau à un endroit autorisé et ne traînons pas car l'horloge tourne. Nous arrivons sur le CDT vers 16h. Avec la distance qu'il reste à couvrir nous ne serons pas à Atlantic City avant 20h. Je sais que Jules rêve de le faire mais je ne veux pas créer d'attente. Une route en gravier part vers Atlantic City alors que le CDT reste sur un chemin pour Jeep. Nous suivons le CDT et celui-ci nous joue la blague d'être sans chemin dans le désert tout en étant parallèle à la route. Cela est totalement ridicule. Il est très difficile de marcher au milieu des buissons et des pierres alors que nous avons une route sous les yeux.

Nous prenons donc la route en gravier pour Atlantic City et je ne vois pas quel hiker ferait différemment pour les 12 km qui nous reste. Nous voyons les poteaux en béton qui marque le "California Trail" et le "Oregon Trail" qui ont vu passé des milliers de chariots d'émigrants à la grande époque de la ruée vers l'Ouest.

Marcher sur une route demande plus de force mentale que de marcher sur un sentier. C'est long, pénible et douloureux. Long parce-que les lignes droites semblent interminables, pénible en fin de journée quand le physique n'en peut plus - surtout en fin de section - et douloureux car le gravier est sans pitié pour les ampoules et les muscles fatigués.
En arrière plan les montagnes du Winds River Range. C'est notre prochain objectif !

Une solution serait de faire du stop pour éviter ce calvaire. Mais pour cela il faudrait un minimum de circulation. Il y en a si peu que bientôt nous marchons au milieu de la route. Nous avons tous nos écouteurs afin de se donner du courage mais ceux des enfants sont intra-auriculaires. Autrement dit, ils s'enfoncent les écouteurs dans les oreilles et deviennent totalement sourds à leur environnement.

Ce qui devait arriver se produit et j'entends des motos qui s'approchent. Je me retourne et fais des grands signes en hurlant pour que les enfants se poussent du milieu de la route. Mes gesticulations et mes hurlements ne produisent strictement aucun résultat auprès de 2 sourds qui regardent leurs pieds. Les motards doivent slalommer entre les enfants qui ne voient les motos qu'après leur passage. Je suis furieux de ce comportement immature. Ils risquent leur vie.

Nous voyons 2 véhicules qui traînent toute une série de matériel ressemblant à des wagonnets de mine. Ils arrivent d'un autre chemin sur notre droite. Ils s'arrêtent lorsqu'ils arrivent sur notre route. Le chauffeur du 1er véhicule sort et nous fait un grand signe de la main. Je pense que nous avons trouvé notre transport pour Atlantic City. Nous accélérerons l'allure pour ne pas le faire attendre. Alors que nous ne sommes plus qu'à 50m du véhicule, le chauffeur remonte dans le 4x4 et repart sous nos yeux médusés. Il s'est juste dégourdi les jambes et n'a jamais pensé que nous recherchions un transport. Nous venons de rater une opportunité pour quelques mètres. Avec le peu de circulation, le moral en prend un méchant coup.

Je suis habitué à ces longues routes forestières poussièreuses qui s'allongent à perte de vue. Pour les enfants c'est une première. Au bout la fin du calvaire et ils ne pensent plus qu'à ça. Même si c'est naturel, ce n'est pas la bonne façon d'aborder l'épreuve. L'obsession d'arriver rend fou le marcheur épuisé.

Comme si cela ne suffisait pas, un orage se déclenche avec toute sa violence. Cela passe par de la grêle pour commencer. La pluie s'arrête et reprend encore plus forte.

Il reste 6 km pour arriver et toutes ces gouttes de pluie font déborder le vase. Jules qui traînait la patte derrière Paul et moi pousse des cris de rage et nous dépasse en marchant à toute vitesse sous la pluie.

Je sais qu'il est en train de brûler ses dernières cartouches. La seule question est de savoir s'il aura assez d'énergie pour arriver jusqu'au Bed and Breakfast d'Atlantic City. À ce rythme, s'il s'écroule, il ne repartira pas. L'orage nous en remet une bonne couche pour être sûr de ne pas nous rater. La luminosité diminue et nous devons passer une colline pour arriver à l'objectif.

Jules s'arrête au premier col mais il repart quand j'arrive à son niveau. Paul ralentit le rythme de plus en plus. Ses ampoules doivent le faire souffrir attrocement sur le gravier compressé qui compose la route. Au deuxième col, c'est un vent violent qui nous accueille mais nous voyons les premières maisons. La libération est proche. Nous arrivons au B&B tant espéré.

Surprise, il s'agit d'un magasin de vente d'armes... Il est 20h mais le panneau "Open" est affiché sur la porte avec une sonnette. Il ne manquerait plus que je me sois trompé ou qu'il soit plein. Après un moment un peu angoissant, le propriétaire arrive et nous acceuille dans son magasin. Il y a bien des chambres disponibles et nos paquets de nourriture sont bien arrivés. Il nous conseille d'aller vite au seul saloon de la ville pour manger. Il ajoute gentiment que si nous n'arrivons pas à manger, sa femme s'occupera de nous. Ça c'est vraiment sympa.

Nous traversons donc la ville. Le temps s'est arrêté à l'époque du Far West dans ce coin du Wyoming. On peut y voir la maison du docteur, l'école avec sa cloche, un magasin d'alimentation...

C'est vraiment un musée vivant. Le saloon vaut lui aussi le déplacement. Quand on y rentre, 4 clients sont installés au bar. Celui qui est dos à la porte porte un revolver dans son étui à la ceinture. Il a la barbe blanche de Buffalo Bill mais porte une casquette de baseball à la place d'un chapeau.
Le décor est digne d'un western. Des têtes de bisons, de biches et de puma sont accrochés sur les murs au milieu de pistolets et de fusils.
Le silence est pesant et je m'attends à ce qu'ils sortent le goudron et les plumes à chaque instant pour y tremper le pied tendre que je suis et qui arrive trop tard.
Je ne fais comme si de rien n'était et sort mon plus beau sourire pour demander à boire et à manger. Le barman patibulaire me prévient que je n'aurai droit qu'à des sandwichs. Cela fera bien notre affaire.
Mon accent déclenche la question habituelle du client à la droite. A ma réponse, tout le monde se déride. 2 d'entre eux, dont Buffalo Bill sont allés en France et me racontent leurs vacances.
Ouf le test d'entrée est réussi et nous voilà intégrés à la famille.

Quand nous rentrons au B&B, le propriétaire nous attend pour nous offrir du gâteau de sa femme et de la limonade sur sa terrasse. Quel acceuil ! Lui et sa femme sont au petits soins avec nous.
Visiblement nous sommes bien tombés. Cela va nous permettre de nous requinquer...



mardi 24 juillet 2018

24 Juillet - Sweetwater River

Hier après midi, ma cuisse gauche me faisait souffrir, comme une courbature en plus douloureux. C'est l'ordinaire du marcheur d'avoir des tas de petits bobos. La très grande majorité du temps, il suffit de les ignorer et la douleur passe comme elle est venue surtout après une bonne nuit de sommeil réparateur. Pas cette fois ci. J'ai déjà eu beaucoup de mal à m'endormir mais la douleur me réveille à minuit. J'ai beau tourner dans tous les sens où tenter de surélever ma jambe, rien n'y fait. La douleur est telle qu'elle m'empêche de me rendormir. Je prends un Ibuprofène et me mets du Voltarène afin de dormir. Ça fonctionne et je me réveille à 5h30.

Ce matin, la douleur est là, bien présente. Ça ne sert strictement à rien de se lamenter et je ne prévois pas de faire venir l'hélicoptère. J'ai encore 2 300 km à faire et je ne vais pas gâcher les vacances des enfants. Théoriquement il me faudrait du repos et de la glace mais je n'ai ni l'un ni l'autre à portée de main. Le prochain hôtel est à 2 jours de marche.

C'est donc à mon tour de jouer au maillon faible. Je ferme donc la marche en grimaçant à chaque pas. J'ai quand même de la chance d'être dans un désert et non en montagne. La sollicitation sera moins forte. Je pense que l'origine du problème provient du changement de rythme. Nous nous arrêtons souvent et mes muscles se refroidissent. Ils sont sollicités à froid plus que de raison. Résultat, ma cuisse a lâché.
Ils sont bien loin devant..

Jules continue de monter en puissance mentalement et Paul à décidé d'ignorer ses ampoules. Il se paye même le luxe de rattraper un hiker dont nous voyons le parapluie argenté au loin. Cela lui permet de pratiquer son anglais car j'arrive longtemps après la rencontre.

Le soleil brille de ses mille feux et il n'y a pas un souffle d'air. Une nouvelle journée des plus difficiles se profile. La chaleur est accablante dès 8h du matin. Nous enchaînons les points d'eau qui sont soit à sec soit avec de l'eau stagnante contaminée par le bétail. Notre seul espoir est une source qui se trouve à 12 km de notre point de départ.

Un petit troupeau de Mustangs. Impossible de les approcher...

Sur le trajet, nous retrouvons la hikeuse que Paul a rencontré et qui fait une pause. C'est une sino-américaine dont le Trail Name est Pegasus. Elle a mon âge et souffre du même problème de perte de poids. Elle est squelettique.

Elle nous explique le mystère du Trail Magic d'hier. En fait il s'agit d'une mère qui suit son enfant, Casper, qui fait le CDT. Tous les jours, elle apporte son soutien logistique à son enfant et en fait profiter les hikers qui le connaissent. Comme je ne connais pas Casper, nous n'avons pas eu droit au Trail Magic.

Pegasus nous accompagne jusqu'à la source qui s'avère très salée. Vu l'heure, nous décidons de rester déjeuner sur place pour profiter de l'eau et de l'ombre des rochers qui surplombe la source.

Alors que je suis allongé dans l'herbe et collé au rocher, je sens un poid inhabituel qui glisse sur mon chapeau. J'ai appris à me méfier des évènements inhabituels et je suis sur mes jambes le temps d'y penser. Un serpent me regarde l'air tout aussi surpris que moi. Il arrivait des rochers et d'en haut, il a pris mon chapeau gris pour une pierre. L'incident s'arrête là mais il m'a volé ma place à l'ombre car je ne vais pas partager avec lui. De toute façon il est 13h et il est temps de reprendre la route.

Nous avons un peu d'air mais la chaleur reste terriblement éprouvante. À 15h, nous arrivons à une intersection et un choix à faire. Nous avons la possibilité de quitter le CDT pour une alternative qui va nous faire remonter un affluent puis une large rivière. Elle se nomme Sweetwater et il y a donc de l'eau douce non polluée à volonté. Nous pourrons nous laver, faire la lessive et profiter de l'ombre des arbres et des gorges encaissées. Un petit break sympa dans la fournaise du désert. Le programme nous attire même si en contrepartie nous devons ajouter 7 km sur la distance à parcourir par rapport au tracé officiel du CDT.

Première surprise il n'y a aucune trace de semelles sur le sable du chemin dès que nous nous engageons sur l'aternative. Aucun hiker ne passe par là. Mais c'est souvent le cas sur les alternatives surtout quand elles rajoutent de la distance.

Deuxième surprise, le sentier pour remonter l'affluent à été tracé par des vaches et non des humains. Ce n'est pas la première fois que je suis des traces d'animaux mais il peut y avoir des difficultés car les vaches sont moins grandes que les humains et se glissent sous les branches. Suivre n'est pas évident surtout avec un sac à dos.

Au début tout va très bien même si le changement de profil ne convient pas à ma cuisse.

Le sentier est une autoroute qui nous mène rapidement à une "cabin".

Nous poursuivons notre route mais l'affluent se fait plus encaissé et nous devons slalomer entre les arbres. Les vaches sont passées partout et nous avons du mal à les suivre à passer d'une rive à l'autre en évitant les branches basses. Il nous faut 2h pour couvrir 2 km mais nous arrivons à la rivière principale. C'est un petit coin de Paradis occupé par des dizaines de vaches. Quelque part, cela nous rassure car nous pourrons peut être trouver des chemins pour passer. Ce n'est malheureusement pas le cas et nous devons traverser 2 fois le cours d'eau alors que nous n'avons pas fait 100 m dans la remontée de la rivière.

La remonter complètement est à mon avis impossible car aucun sentier n'est en place. Je suis même convaincu que la meilleure solution est de faire demi-tour. Mais pour l'instant nous allons profiter de l'endroit. Nous nous baignons, lavons nos affaires et profitons du soleil avant d'installer les tentes au bord de la rivière.


Nous verrons demain comment quitter le Paradis.

lundi 23 juillet 2018

23 Juillet - East Alkali Creek

La pluie de la nuit et son humidité ont bien trempé la tente et son contenu. À voir le ciel parfaitement dégagé et bleu turquoise, cette humidité sera vite affaire du passé sous les feux du soleil. La chaleur va redevenir notre problème principal.

Le démarrage est toujours aussi lent pour les enfants et je décide d'aller les attendre au soleil pour sécher les affaires que j'ai sur le dos. J'en profite pour écrire mon blog car je n'ai plus le temps le soir.

Nous reprenons enfin la route et l'état des enfants se croise. Jules semble moralement plus solide et se plaint beaucoup moins alors que Paul grimace à chaque pas de souffrance de ses ampoules. Je ne sais même pas exactement combien il en a mais Jules me dit qu'il en a 2 de plus qu'hier. Au premier point d'eau, il essaye de tremper ses pieds pour soulager sa peine mais l'opération se transforme en bain de boue car les vaches ont piétiné le bord de l'étang. Je ne suis pas convaincu que ça soit le meilleur traitement. Paul me le confirme avec ses pansements irrécupérables. Je n'en ai plus assez pour les remplacer.

Comme il a plu hier, l'air est moins sec et le vent qui souffle par moment rend la fournaise supportable. Nous sommes dans les collines et nous suivons la ligne  de crête.

Nous avons des panoramas de toute beauté sur le désert. Le profil du terrain est très vallonnée.



Paul souffre plus dans les descentes que dans les montées. Il est très loin devant quand ça grimpe et loin derrière quand ça descend.
Le point d'eau suivant est celui où nous avons prévu de déjeuner. Malheureusement le lac de trouve à 4 km du Trail. Nous n'allons pas rajouter 2 heures de marche à cette journée. Nous décidons de poursuivre jusqu'au prochain point d'eau à 6 km.

Il est déjà 13h30 et il faut 2 heures pour couvrir la distance. Je décide alors de manger sans plus attendre. Le soleil est à son zénith et le repas est désagréable au possible avec la chaleur qui frappe comme une enclume. À peine la dernière bouchée avalée, nous repartons. Les enfants n'ont quasiment rien avalé car ils ont peur de manquer d'eau. Ils argumentent leur comportement comme quoi manger donne soif. Je ne cherche pas à comprendre car la faim me semble encore plus désagréable...

Encore une fois, nous marchons aux heures les plus chaudes de la journée. Mais comment faire autrement quand il n'y a pas un seul coin d'ombre. Rester sans bouger sous un soleil qui vous assomme et encore plus difficile.

Jules tombe à sec alors qu'il reste 2 km. Nous faisons le forcing et je gère mon eau en étant prêt à la partager avec Jules. Nous arrivons devant une mare boueuse où trempent allègrement des vaches. Elles aussi trouvent la chaleur accablante. Après une longue séance de filtrage pour obtenir de l'eau grisatre au goût terreux, nous repartons avec de quoi faire les 8 km qui nous séparent du prochain point d'eau où nous comptons camper.

À peine repartis, nous passons devant quelque chose qui ressemble à un Trail Magic. Un auvent en toile a été monté qui abrite une palanquée de hikers. Une voiture au coffre ouvert et contenant une glacière jouxte la structure.
Alors que nous passons, nous saluons la population qui nous répond mais personne ne nous dit d'approcher. C'est très étonnant et c'est la première fois que je vois ce comportement. Mais il est vrai que je ne connais aucun des hickers assis sous le auvent. Paul et Jules sont couverts de coups de soleil bien rouges qui ne font pas trop Thru-hikers.

Après 500 m, nous tombons sur une cache d'eau non répertoriée. Nous jetons sur le sol le fruit de notre dur labeur de filtrage et nous faisons le plein d'eau non salée. C'est un vrai bonheur que de boire de l'eau pure.

Nous savons que le prochain point d'eau est à sec et qu'il faut faire 8 km pour le suivant. Mais nous avons pris suffisamment à la cache pour faire un "dry camp". Nous nous installons d'ailleurs dans le cours de la rivière à sec. Le terrain est plat, suffisamment encaissé pour nous protéger du vent et nous donner de l'ombre. En principe il ne faut jamais camper dans un lit de rivière. Si jamais un orage se déclenche, on court les plus grands risques. Mais le ciel est parfaitement clair et les pluies d'hier n'ont pas amené le moindre filet d'eau dans cette rivière asséchée depuis des semaines.


Nous avons fait 31 km et nous nous arrêtons à 18h30. Ceci nous permet de prendre notre temps et de manger tranquillement. Ça fait du bien...

Espérons qu'il ne pleuvra pas cette nuit...

dimanche 22 juillet 2018

22 Juillet - East Arapahoe

Cette nuit les rongeurs souhaitaient s'occuper de nos sacs de nourriture. Les hurlements des coyotes ne semblaient guère les intimider.

Je me réveille à 5h30. C'est tard mais il faut que l'équipe récupère. Jules nous impose de nombreuses pauses et les journées sont longues. Les enfants ne sont pas encore organisés. Le montage - et le démontage - de la tente et défaire - et faire - les sacs prennent énormément de temps. Nous terminons tard et nous nous couchons à la nuit tombée.  Le matin, nous démarrons tout aussi tardivement. De fait, nous profitons peu de la fraîcheur du matin pour faire de la distance.

Ce matin nous avons de la chance car une épaisse couche de nuages nous protège du soleil. Le chemin reste difficile car il est constitué de sable plus ou moins mou. Il s'agit de grandes lignes droites comme nous avons connu hier.
Pas facile le sable... On reste concentré sur ses pieds 

Paul souffre énormément de ses ampoules même s'il ne dit pas un mot. Mais il traîne derrière alors qu'il était toujours en train de nous distancer.
Un étalon s'inquiète pour son cheptel et vient nous tourner autour.

À midi nous déjeunons près d'un cours d'eau desséché alors que nous étions supposé y trouver de l'eau. Ce n'est pas grave car il y a une source à proximité qui nous permet de ravitailler. L'eau est toujours aussi saline mais nous devons nous y faire car cela va durer plusieurs jours d'après mes notes.

Le prochain point d'eau est prévu pour 16h ce qui sera parfait pour faire une pause. Vers 15h, nous devons payer notre tribu pour la protection des nuages. La pluie se met à tomber et nous devons nous équiper des vêtements adéquats. Nous marchons une bonne heure sous la pluie. C'est pénible mais bien moins qu'un soleil écrasant. Des 2 maux celui-ci est de loin le meilleur. Nous croisons nos 2 premiers hikers depuis 3 jours. Je les ai déjà vu à Salida en train de faire du stop. Eux aussi se réjouissent du temps et de la chance que nous avons.

Ils arrivent avant nous au point d'eau et seul Jules a besoin de ravitailler. Le vent en profite pour se lever avec force et la température chute. Il fait carrément froid et il faut mettre une veste. Ce désert nous fait passer d'un extrême à l'autre.

Le Trail en profite pour grimper et nous sommes face au vent.

C'est une manière bien épuisante de terminer la journée.

L'objectif est de camper près du prochain point d'eau afin de disposer du précieux liquide pour le ravitaillement et la vaiselle.
Nous aurons fait une journée à 33 km.


Nous arrivons alors que la pluie se remet à tomber. La rivière en question est un filet d'eau ridicule. Il nécessitera un temps monstrueux pour récupérer un litre d'eau. Mais il a l'avantage d'exister et nous décidons de camper à l'abri des arbres qui ont poussé le long de la rivière. Nous cherchons à nous protéger du vent qui ne se calme pas. La pluie tombe de manière intermittente. Nous montons les tentes prestement entre deux ondées. Nous stockons tout notre matériel à l'intérieur afin d'éviter que tout soit mouillé. Nous profitons d'une alcalmie pour manger ensemble après nous être couverts de pulls et de pantalons pour nous protéger du froid. Dire que notre problème principal était les brûlures du soleil ! Nous passons d'un extrême à l'autre.

Il est encore 22h quand nous allons nous coucher. Ça reste trop tard pour bien récupérer...

samedi 21 juillet 2018

21 Juillet - Bairoil Road

La nuit à été plus calme que la soirée et le vent à soufflé raisonnablement. Hier soir j'ai cru que les tentes ne tiendraient pas le choc. Ma bouche est restée désechée toute la nuit. J'avais pourtant bien rincé mes contenants d'eau mais les traces de sel sont restées. J'ai consommé de l'eau salée du fait des résidus.

Jules a mal fermé sa bouteille et a perdu  un litre d'eau  cette nuit. Nous partons avec un stock minimum. D'après mes notes le prochain point d'eau est à 10 km et est contaminée par du sel. Elle reste buvable mais je garde un trės mauvais souvenir de mon expérience avant d'arriver à Rawlins.

Le ciel est cristallin et il n'y a pas un souffle d'air. J'ai peur que nous ne souffrions d'une chaleur excessive. À partir de 8h, c'est bien le cas et marcher dans le désert est une réelle épreuve.

J'ai été content quand chaque enfant, l'un après l'autre et à des moments différents, me disent qu'ils trouvaient le paysage très beau. Ça veut dire qu'ils arrivent à passer outre la difficulté.

Malheureusement les épreuves reprennent le pas sur la magie du matin quand les muscles sont reposés et l'air encore frais. Jules se plaint énormément et s'écroule dès qu'il le peut. Je m'inquiète car ce n'est que le début de la journée. Je me demande même si je n'ai pas fait une erreur en les embarquant dans cette histoire. Quel père digne de ce nom emmènerait ses enfants traverser un désert à pied fin juillet ! C'est une expérience extrême qui n'est pas donnée à tout le monde. Ma responsabilité est de juger s'ils en sont capables ou pas. Je les considére trop comme des adultes alors qu'ils n'ont aucune expérience. Ils n'ont pas assez de recul pour savoir ce qui est à leur portée ou non. C'est à moi que revient cette responsabilité.

La marche est physiquement et moralement difficile. Il s'agit de traverser des plaines sur un chemin en ligne droite qui se voit à perte de vue. Sous un soleil écrasant qu'il est impossible d'éviter car il n'y a pas d'ombre, le moral est mis à rude épreuve.

Paul à attrapé 3 ampoules. Je lui donne mes Compeed mais mon stock ne pourra pas suivre si la situation se dégrade.

Nous arrivons au 1er point d'eau vers 10h. J'ai la bonne surprise de voir qu'un système de filtration similaire à celui que nous avons eu hier à été mis en place.

L'eau reste saline mais elle est buvable. Cela règle un des problèmes. Vu l'état de Jules, je décide de prolonger la pause et leur propose même de manger sur place. Jules ne mange toujours rien et Paul grignote du bout des doigts. Je ne peux rien faire contre ça et j'espère que cette situation ne va pas perdurer.

Comme il n'y a aucune ombre, nous repartons à midi. C'est la pire heure de la journée mais rester sans bouger est pire que de marcher.

J'ai Paul qui marche un km devant et Jules un km derrière. Je navigue entre les 2 mais la situation n'est pas idéale.

Nous faisons des pauses pour attendre Jules afin de ressouder les marcheurs. Lors d'une de ces pauses, j'impose à Jules de jeter toute la nourriture qu'il ne pense pas consommer. Je cherche à l'alléger pour qu'il puisse suivre un minimum le rythme.

Le soleil cogne si fort que tout ce qui est contenu dans le sac à dos monte à haute température. L'eau entre autre devient chaude et la salinité ressort. Elle devient imbuvable et ne désaltère plus. On retombe dans le cercle vicieux où plus on boit plus on a soif. Les barres chocolatées deviennent liquides et il est impossible de les consommer. Le fromage pourtant à pâte dure devient liquide et coule dans le sac. Devant les dégâts, nous nous en débarrassons.

Vers 16h, le soleil se voile car des nuages arrivent. Le vent se lève et apporte une certaine fraîcheur. La situation devient vivable même si nous enchaînons ligne droite après ligne droite dans chaque plaine.

Nous arrivons à un nouveau point d'eau. Il s'agit d'une pompe à panneau solaire qui alimente 2 abreuvoirs et un étang. Des vaches sont installées là. Nous avons de la chance que la pompe de déclenche à notre arrivée et nous avons droit à de l'eau fraîche toute droite sortie du sol. Malheureusement elle est très salée même si elle reste potable. À 17h, la question se pose : soit nous faisons le plein pour nous arrêter quand nous le souhaitons soit nous poussons au prochain point d'eau à 10 km qui est un lac artificiel. Jules annonce qu'il en a marre de boire de l'eau salée et qu'il fera les 10 km. Le contrat est acté et nous nous mettons en route avec un minimum d'eau. Il y en a pour 2h30 de marche.

À peine sommes nous repartis que les nuages noirs qui se sont regroupés grace au vent se crèvent sur nos têtes. Nous avons droit à de la grêle suivi d'un déluge. Le vent est de la partie pour que rien ne manque à la fête. Les enfants qui ont tardé à prendre la situation au sérieux ont leurs affaires trempés le temps de s'équiper. La tempête s'arrête aussi brutalement qu'elle a commencé au bout de 30 minutes.

Ceci ne nous aide pas beaucoup pour notre objectif. Nous nous mettons en marche et chacun serre les dents pour arriver. À 19h30 nous arrivons enfin au Lac. Un pêcheur est en train d'y nettoyer les poissons qu'il a attrapé. Un de ses chiens manque de nous mordre alors que nous voulons juste passer.

Le temps de monter la tente et de manger et l'orage est à nouveau sur nous. Nous ne profiterons pas du lac.

Les pieds de Paul sont couverts d'ampoules. Celle au niveau du talon est la  plus grosse que je n'ai jamais vu de ma vie. Il ne s'est pas plaint une seule fois de la journée. Il est du même bois que Mathieu. Je ne sais pas comment nous allons nous en sortir. Ses chaussures sont neuves et visiblement trop petites. Nous ne croiserons pas de magasin avant la fin de la randonnée et bien sûr il sera trop tard.


Il est 22h15 quand je me glisse dans mon duvet alors que des gouttes tombent encore...

vendredi 20 juillet 2018

20 Juillet - Old Road To Mines

Hier Jules a dormi toute la journée et il a donc attaqué son sac dans ma  chambre après le resto du soir. Résultat, je n'ai pu me coucher qu'à minuit. J'ai donc mis le réveil à 5h histoire histoire de récupérer un minimum.

À 6h nous quittons l'hôtel direction...le Dîner pour prendre un petit déjeuner.
Mais il est sur la route. À 7h15, nous attaquons enfin le CDT.

Il nous faut sortir de la ville donc nous avons droit à l'incontournable ruban d'asphalte. Pour notre plaisir, cela ne dure pas et nous partons vers l'ouest histoire de se mettre à distance de la route qui est en travaux.

Comme en VTT, les enfants attaquent très forts sans prendre en considération que la journée va être longue. Paul spécialement ne regarde pas en arrière et trace la route.

Jules rapidement connait des difficultés et trouve son sac trop lourd. Il a raison nos sacs le sont mais la section fait 6 jours (180  km à 30 km/j), plus un jour de sécurité, nous avons 7 kg de nourriture sur le dos. L'eau contaminée est aussi un problème et nous avons chacun 4 litres d'eau potable. Avec une base à 8 ou 9 kg, nous avons chacun une vingtaine de kg sur le dos. C'est beaucoup. C'est même trop dans un environnement hostile comme un désert brûlant.

Nous avons de la chance car le vent souffle modérément et nous permet de ne pas suffoquer.

À 10h, première pause où Jules s'aperçoit qu'il a perdu une bouteille d'eau d'un litre soit 25% de son eau. L'eau perdue en tant que telle est un problème mais plus encore le récipient qu'il ne pourra pas reremplir. Mauvaise nouvelle pour son autonomie et bonne nouvelle pour le poids. Malheureusement cela ne suffit pas et il n'a de cesse de se plaindre et d'avoir beaucoup de mal à suivre.

Ils accusent avec raison le poids de la nourriture qu'ils doivent traîner. Je leur propose de jeter tout ce qu'il considère de superflus en conservant tous ce qui n'est pas biodégradable (papiers, plastiques...). Ils n'arrivent à rien jeter et je ne suis pas plus avancé.

À midi, nous arrivons à un puis dédié aux hikers par la coalition du CDT. Le site est interdit aux animaux qui y trouvent néanmoins leur compte grâce à l'étang alimenté par la pompe solaire.

L'eau est d'une qualité exceptionnelle car ils ont mis en place un système de filtre naturel dans le sol avec des graviers. Nous décidons de déjeuner sur place afin de disposer d'eau à volonté. Les enfants ne mangent rien surtout Jules qui ne veut rien avaler. Ce n'est pas dans ses habitudes mais moi même j'ai peu d'appétit. La chaleur sans doute... Nous avons pris un gros petit déjeuner donc je ne m'inquiète pas trop.

Il n'y a strictement aucune ombre et rester en plein soleil n'est pas des plus agréable. Nous repartons donc sur le CDT. Il est très proche de la route et va même à nous jeter dessus sur une portion.
C'est un moment difficile pour tout le monde. Entre la chaleur du goudron et la quantité de voitures qui nous croisent, nous voulons vite quitter l'autoroute.
Jules est le plus atteint par cette section. Il est vrai que la circulation est dense du fait des vacanciers qui tirent leur caravane.

Mais nous en avons fini avec la civilisation. Nous nous enfonçons profondément dans le désert.

Au loin des chevaux. Il s'agit de Mustangs sauvages. Nous sommes sur leur territoire.
Ici le désert est plat et le chemin pour 4x4 en ligne droite que nous suivons est visible à des km.

Il fait chaud. Très chaud. Tout le monde boit beaucoup ce qui est normal. Et les stocks diminuent à vue d'œil. Nous ne pourrons pas passer la nuit sans ravitailler et Jules n'ira pas jusqu'au prochain point d'eau. Il s'arrête dès qu'il le peut et se plaint de la difficulté et de son état d'épuisement. Pourtant il nous faut de l'eau. Nous tombons sur une flaque boueuse. Je pense que c'est un reste de la dernière pluie. Des os d'une vache trempent dedans mais les os blanchies ne représentent aucun danger.
Nous sortons les filtres et nous avons la chance de constater que l'eau filtrée est douce. Malgré les plaques de sel que nous avons foulées toute la journée, la flaque d'eau boueuse n'est pas contaminée. Nous faisons le plein d'eau. Il ne nous reste plus qu'à trouver un endroit où camper.

Ce n'est pas facile de trouver un bon endroit. Mais après 33 km, tout le monde en a assez et nous installons le campement pas loin du Trail. C'est le moment où le vent se met à souffler de plus en plus fort. Comme c'est le 1er montage des enfants qui ont emprunté la tente de Mathieu, cela ne m'arrange pas. Le vent force de plus en plus et les tentes souffrent énormément. Je n'ai jamais connu un tel vent sur le Trail avec ma tente. Il est aussi impossible de manger. Je m'inquiète et je me demande si nous ne devons pas tout démonter pour aller à l'abri. Mais où ? Il n'y a aucun endroit pour nous protéger.

Enfin le vent se décide à se calmer suffisamment pour que nous puissions vaquer à nos occupations du soir. Nous mangeons et allons nous coucher en 4eme vitesse. Il est très tard. Comme je m'y attendais, la journée d'intégration à été des plus difficile...


jeudi 19 juillet 2018

19 Juillet - 3eme Zero Et Anniversaire

Cette nuit Mathieu me souhaite un bon anniversaire. Il a raison, cela fait 3 mois que je suis sur le Trail. J'ai fait 50% de la distance avec 2288 km.

Toutes ces journées sont passées comme dans un rêve. Il me semble à la fois que j'ai commencé hier et que je fais ça depuis des années.

Je vais fêter cet anniversaire avec mes fils qui sont arrivés ce matin. Après 30 heures de voyage sans dormir, ils sont dans un sale état. Après le petit déjeuner, ils sont allés se coucher et Jules a passé la journée dans les bras de Morphée. Paul était plus en pointillé mais pas beaucoup plus brillant.

Demain va être difficile. Il fait 30 degrés et nous n'avons pas d'eau avant 25 km. Comme la section prend 6 jours, nous avons la nourriture en conséquence. En ajoutant le poids de l'eau, l'épreuve du sac à dos sous les ardents rayons du soleil va être importante.

J'avoue que pour ma part j'ai hâte de retourner sur le Trail. J'ai passé trop de temps en ville. Vivement demain !

Bon 3eme anniversaire Némo !


25 août - Sospel > Menton

Il est 6h, l'heure des braves et de l'apparition du soleil. Je suis tellement proche d'eux que je réveille les squatteurs du jar...